Quelle collation en maternelle ?

Malgré un rapport accablant publié en 2004 par l'AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments), portant sur la collation matinale des enfants de maternelle, une grande partie des écoliers, en France, continuent à suivre ce rituel, alors que d'autres ont la chance de ne pas adopter cette habitude grâce à des parents et des enseignants davantage informés.

Que recommande l'AFSSA ?

De par son horaire, sa composition et son caractère systématique et indifférencié, la collation du matin à l'école n'est pas justifiée et n'est pas adaptée à l'absence de petit-déjeuner. Dans un souci de pallier à une insuffisance des apports caloriques matinaux observée dans une minorité de cas, la collation conduit à un changement des rythmes alimentaires et à un déséquilibre de l'alimentation de l'ensemble des écoliers. Depuis 30 ans, en France, une prévalence de l'obésité a été constatée chez les enfants d'âge scolaire. L'une des causes pourrait être un excès calorique favorisé par cette prise alimentaire supplémentaire.

Les points essentiels à retenir

  • Dans le cadre du Plan National Nutrition Santé (PNNS), la convenance et la composition de la « collation de 10 heures » a fait l'objet d'une saisie auprès de l'AFSSA, concernant notamment l'observation, chez 16% des enfants d'âge scolaire, d'une augmentation du surpoids et de l'obésité.
  • La collation matinale instaure un espace où tous les enfants se voient suggérer ou imposer une prise alimentaire composée en grande partie de lait et autres aliments caloriques, tels que biscuits, chocolat, etc., contribuant ainsi à la déstructuration du rythme alimentaire.
  • En 1954, la distribution de lait aux enfants, instituée par Mendès-France, répondait à l'époque à un constat de carences et de malnutrition. De nos jours, cette mesure n'est plus justifiée.
  • La ou les collations devraient viser à pallier une insuffisance d'apport calorique, comme une absence de petit-déjeuner, et non pas à supplémenter l'ingestion calorique.
  • La proportion d'élèves ne prenant pas de petit-déjeuner est inférieure à 10%. Une collation proposée à tous les écoliers ne permet pas de prendre en considération la diversité des situations.
  • Une croyance trop largement répandue indique qu'il existerait en fin de matinée une hypoglycémie responsable d'une diminution des performances scolaires que la collation matinale permettrait de contrecarrer. Ce « coup de barre » n'est en réalité qu'un moment de fatigue passager non lié à une hypoglycémie.
  • La collation instaure un contre message nutritionnel car elle suggère que les prises alimentaires doivent être multipliées et qu'il faudrait ingérer de la nourriture avant que la sensation de faim ne soit ressentie. Ceci peut entraîner la déstructuration du rythme alimentaire en favorisant l'apparition de troubles tels que le grignotage.
  • On peut aussi craindre que l'institutionnalisation de la collation matinale à l'école puisse inciter certains parents à supprimer le petit-déjeuner pris à la maison alors que c'est le cadre familial qui doit constituer le lieu privilégié pour l‘apprentissage alimentaire de l'enfant, l'école n'étant qu'un complément.
  • Avant le début de la classe et prenant compte de la diversité des situations, on pourrait distribuer uniquement aux enfants qui ne l'auraient pas pris, un petit-déjeuner équilibré.
  • Les événements festifs tels que les anniversaires offrent un espace de partage et de convivialité. Mais concernant la nutrition et pour rester logique, il serait souhaitable de regrouper mensuellement tous les goûters d'anniversaire.
  • Il apparait comme nécessaire que des actions d'information et de communication soient engagées auprès de l'ensemble des acteurs du milieu scolaire afin d'exposer les arguments en faveur du caractère inadapté et injustifié de la collation de 10 heures.
  • Le sujet de l'en-cas matinal n'est souvent traité qu'en maternelle, alors qu'il se pose à l'identique en école élémentaire où le problème du surpoids et de l'obésité reste le même.
  • En conseil d'école, il serait donc souhaitable de réaliser la même information dans le but d'éviter le remplissage des cartables par les parents de gâteaux, chips, sucreries, etc.
  • Il est aussi bon de rappeler que pour lutter efficacement contre l'obésité, la pratique régulière d'un sport est recommandée.

Conclusion

Dans l'idéal, il serait préférable de supprimer la collation du matin à l'école devenue systématique, tout en encourageant auprès des enfants et de leurs parents, la prise d'un petit-déjeuner, en explorant des solutions pour les cas particuliers, en comptant sur l'appui des enseignants mais aussi sur les infirmières et médecins de l'Education Nationale. Afin d'aider à la mise en œuvre de ces recommandations, il sera nécessaire d'informer les familles sur les conséquences favorables pour leurs enfants.

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