L'instinct maternel, une aptitude innée ?

Vous attendez un enfant mais le doute s'installe de jour en jour... La peur de ne pas aimer bébé vous panique. Vous redoutez de ne pas ressentir cet instinct maternel dont on parle tout le temps, que l'on brandit chaque fois qu'une mère témoigne de la plus petite once d'affection pour sa progéniture. Quelques mots pour faire le point et vous rassurer...

Nait-on mère ou le devient-on ?

Tout d'abord sachez que douter est tout à fait normal. L'arrivée d'un bébé est le début d'une formidable aventure et tant qu'on ne l'a pas vécue, il est difficile de s'imaginer avec un nouveau-né dans les bras. La question de savoir si l'instinct maternel existe a été posée à de nombreux spécialistes, psychologues, psychanalystes, neurobiologistes, anthropologues. Tous sans hésiter répondent que l'instinct maternel n'existe pas de manière innée mais se construit (ou non) au fil du temps.

Pour comprendre, on dira que l'être humain, à la différence de l'animal, possède un cerveau unique en son genre et de ce fait son comportement ne peut être programmé. A la différence de l'animal, chez l'homme, tout ce qui relève de l'instinct est contrôlé par la culture. Un être humain peut de lui-même entamer une grève de la faim, renoncer à la sexualité ou choisir de ne pas avoir d'enfant.

Pourquoi certaines mères n'ont pas l'instinct maternel ?

Malgré ses risettes et ses moues qui lui valent les faveurs du public, bébé peut ne pas recueillir celles de sa mère. Cette indifférence est bien souvent causée par une dépression post-natale (baby blues) que vivent environ 30 à 80 % des mamans après un accouchement. L'hormone responsable du ressenti de l'instinct maternel est l'ocytocine. Une dépression post-natale peut empêcher le déclenchement d'une réponse cérébrale appropriée.

«J'aime mon enfant mais je ne me sens pas mère...» Ce genre d'aveu est rare tant il est difficile d'avouer que l'on se sent à mille lieues de celles qui claironnent fièrement que la maternité les a transformées. Pourtant c'est un fait, certaines femmes ne ressentent pas lors de la naissance cette magie, cet élan indescriptible que la société a érigé en norme. Pire, environ 10 % des mères éprouveraient des problèmes maternels plus sérieux, plus profonds et plus durables qu'un simple baby blues. Ces difficultés se traduisent par une incapacité plus ou moins grande à créer un lien avec leur nouveau-né.

Elisabeth Badinter dans les années 90 avait remplacé la notion d'instinct maternel par celle d'amour maternel. Tout le monde n'a donc pas la même capacité à aimer, de manière instantanée. L'amour est un sentiment qui s'apprend. Selon les femmes, leur histoire, leur contexte de vie, le chemin peut parfois être long.

Ne culpabilisez pas !

Si vous avez l'impression, à la naissance, de ne pas suffisamment aimer votre enfant, ne culpabilisez pas. Dès lors que vous êtes apte à répondre à ses besoins vitaux lorsque votre bébé s'exprime, vous possédez cet instinct maternel. Si vos sentiments sont flous les premiers temps, rassurez-vous, vous n'êtes pas pour autant une mauvaise mère loin de là.

Le lien affectif se tisse différemment, plus ou moins vite entre les êtres. La filiation biologique n'échappe pas à cette règle. Rassurez-vous, il existe autant de façons d'être mère qu'il y a de mères. Vous êtes en mesure de faire des choix, de vous interroger sur ce qui sera le mieux adapté au besoin exprimé de votre enfant et c'est bien le principal ! Tant pis si vous n'êtes pas dotée d'un 6ème sens...

Si vous êtes amenée à vous poser la question de savoir si vous aurez ou non l'instinct maternel, c'est que déjà vous l'avez... Cependant, si vous avez besoin d'aide n'hésitez pas à en parler à votre médecin, à en discuter et échanger sur des forums, vous verrez vite que vous n'êtes pas la seule...

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