Varicelle enceinte : risques et recommandations

La varicelle peut être réellement dérangeante pour les adultes, mais la question devient même inquiétante lorsqu'elle touche une femme enceinte. Il faut garder en tête que les cas de varicelles gravidiques (comprendre touchant une femme enceinte) sont très rares. En France, le chiffre est estimé à 400 cas par an. Une étude britannique a su démontrer que moins de 1% des femmes étaient atteintes de varicelle durant leur grossesse, et que plus de 90% des futures mamans sont en fait déjà immunisées. Qu'en est-il des 10 autres pourcents ?

Varicelle gravidique : des cas rares

C'est le virus VZV qui est responsable de la contamination à la varicelle, et plus de 90% des femmes enceintes sont déjà immunisées contre lui à leur début de grossesse. Pourquoi les risques d'apparition de symptômes sont diminués chez les femmes en âge de procréer ? Il existe deux raisons principales : soit elles ont déjà développé la maladie plus tôt dans leur vie, et ont donc développé des anticorps efficaces, soit elles ont été vaccinées contre elle.
Si les risques sont peu nombreux, ils ne sont cependant pas nuls. Il y a donc moins d'un pourcent de femmes contractant la varicelle durant leur grossesse. Les conséquences d'une telle maladies sont diverses, et varient surtout en fonction de l'âge du fœtus et du stade de grossesse de la mère.

La varicelle en début de grossesse

La varicelle du début de grossesse est appelée « varicelle congénitale ». Elle se fait connaître avant la 20ème semaine suivant l'arrêt des règles et favorise les accouchements prématurés. Dans ce cas précis, le virus peut être transmis au fœtus, et donc avoir des conséquences à la fois pour la mère et pour son bébé. L'enfant peut être atteint d'un retard de croissance, subir des séquelles neurologiques (tels que l'hydrocéphalie ou la microcéphalie) ou encore voir l'apparition de lésions cutanées sur tout son corps. Sachez qu'il est tout à fait possible que le fœtus ne soit pas atteint par la varicelle. Il existera tout de même un risque de développement de zona dans les premières années suivant la naissance de l'enfant.

La varicelle en fin de grossesse

La varicelle de fin de grossesse est appelée « varicelle péri-natale ». Elle se fait connaître au dernier stade, c'est à dire environ 3 semaines avant l'accouchement. La femme alors affectée développera des anticorps pour lutter contre le virus. Ces anticorps ne sont cependant transmissibles à l'enfant que 5 jours après l'apparition des vésicules. Si l'accouchement devait arriver avant cette transmission d'anticorps, le bébé, ne pouvant pas en bénéficier, risque de présenter divers symptômes. Il y a un risque de varicelle néo-natale (du nourrisson), qui comprend de multiples éruptions cutanées, une atteinte viscérale, et des lésions ulcéro-hémorragiques.
Gardez en tête que c'est un cas extrêmement rare, et qu'il est évitable en ne fréquentant pas de personnes porteuses du virus. En cas de varicelle néo-natale, un taux de mortalité de 0 à 30% a été observé.

La contamination du fœtus

Si le fœtus est contaminé par la varicelle de sa mère en début de grossesse, sa varicelle congénitale peut être fatale. Ce virus est dangereux, il peut notamment laisser des cicatrices importantes sur toute la peau du nouveau né. Comme expliqué plus haut, cette varicelle peut également occasionner des retards de croissance, mais également des malformations, des troubles de la vision, et même dans certains cas, des problème au cerveau.
Si un cas de varicelle est diagnostiqué chez la mère 5 jours avant l'accouchement, ou 2 jours plus tard, il y a ce risque de varicelle néo-natale. Cette maladie peut occasionner des infections neurologiques, pulmonaires, et plusieurs éruptions cutanées.

Le traitement de la varicelle pendant la grossesse

Le traitement est défini en fonction du stade de grossesse observé chez la future maman. Les antiviraux représentent la meilleure arme au niveau thérapeutique. Ils sont injectés par intraveineuse avant la 20ème semaine suivant l'arrêt des règles. L'aciclovir est l'unique médicament utilisé chez la femme enceinte.
Cette 20ème semaine passée, un traitement antiviral de la mère n'est plus recommandé. Le nouveau-né est lui-même traité. Administrés en fonction de son poids, des antiviraux lui seront prescrits dans le cas où les symptômes de varicelle se sont présentés 5 jours avant l'accouchement. Au delà de ces 5 jours, les médecins attendront l'apparition de symptômes chez le nourrisson avant le début tout traitement, qui pourrait se révéler inutile.

La prévention de la maladie

Afin d'éviter tout risque, la grande majorité des spécialistes interrogent les femmes enceintes sur le sujet de la varicelle lors de leur première visite prénatale. Ce n'est cependant pas obligatoire, et ce questionnement peut être négligé. Il est donc important de réfléchir soi-même sur la question, ce ne serait-ce que vérifier votre carnet de santé pour savoir si vous l'avez déjà attrapé à un âge moins avancé.
Si vous ne possédez pas de moyens pour vérifier cette information, vous pouvez demander la réalisation d'une analyse sanguine à votre médecin. Cela permettra d'identifier la présence, ou non, d'anticorps combattant la varicelle. Si cette prise de sang révèle que vous n'êtes pas immunisée, votre médecin pourra éventuellement vous traiter de manière préventive à base d'anticorps antiviraux.
Il est évidemment déconseillé aux femmes enceintes de rentrer en contact avec toute personne contaminée par le virus, et d'alerter votre médecin si cela finit par arriver contre votre volonté. Il pourra alors vous prescrire un traitement et mener une surveillance vigilante du fœtus et de ses poumons, notamment avec des échographies.

Si les deux sortes de varicelles peuvent toucher le bébé de manière importante, il est vital de se rappeler que cette maladie concerne que très rarement le fœtus. Tout au long de la grossesse, les médecins vérifieront la santé de la mère et du futur bébé. Le risque est le plus grand entre la 8ème et la 24ème semaine suivant l'arrêt des règles. La varicelle congénitale touchant moins de 1% des mères en France, seulement entre 25 et 50% de ces nourrissons naissent en fait avec le virus. Il est donc important de ne pas paniquer en cas de varicelle, même atteinte, la mère n'est pas sûre de transmettre la maladie à son enfant. De plus, les traitements sont très efficaces de nos jours.

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