Crèche : qui est prioritaire ?

Malgré de réels efforts faits par les municipalités, la CAF et les conseils généraux, obtenir une place en crèche relève encore trop souvent du parcours du combattant. Quelles sont donc les règles pour figurer en tête des listes d'attente ?

Une étude complète, objective et précise

Selon une étude récente de l'Ined (Institut national d'études démographiques), 16 % des enfants non scolarisés sont accueillis dans des crèches. Ce pourcentage est bien inférieur à ce que souhaiteraient les parents qui sont en majorité favorables à ce type d'accueil. Une analyse précise des données montre que tous les enfants ne sont pas égaux pour avoir une chance d'obtenir une place en crèche.

Faut-il consulter le calendrier avant de concevoir un bébé ?

Aussi absurde que cela puisse paraître, il semble que la date de naissance de l'enfant soit un des facteurs déterminants pour avoir le plus de chance d'obtenir une place en crèche. Les enfants nés sur les premiers mois de l'année ont ainsi beaucoup plus de chances d'obtenir une place que ceux qui naissent entre septembre et décembre. L'explication réside tout simplement dans le fait que les crèches se vident chaque année en septembre avec les entrées à l'école maternelle et que les parents ont en général épuisé leurs droits à congés à cette période là.

Des critères très aléatoires, voire discutables

L'analyse des données statistiques montre que les enfants ayant une mère étrangère sont plus facilement accueillis que lorsque les deux parents sont Français. L'explication généralement donnée est que cela favorise l'apprentissage de la langue française dès le plus jeune âge. Même constat pour les enfants dont les parents sont fonctionnaires. Dans ce cas, le nombre important de places disponibles en milieu hospitalier semble expliquer ce phénomène, sachant que le but est de rendre la garde possible pour des personnes aux horaires très contraignants et décalés. Quant à savoir pourquoi les familles de jumeaux ou de triplés trouvent plus facilement des places, cela reste un mystère. Le fait d'avoir un deuxième ou troisième enfant peut également faciliter l'accès à une place.

Monoparentales mais non prioritaires

Alors que plus du tiers des familles monoparentales vivent sous le seuil de pauvreté, ce critère n'est pas déterminant pour obtenir une place en crèche. Ce constat est d'autant plus regrettable que, selon l'Observatoire des inégalités, 47,7 % des femmes se trouvant dans des familles monoparentales et inactives sont pauvres alors que ce taux baisse à 16,7 % dès lors qu'elles travaillent. La crèche reste la formule la plus accessible lorsqu'on dispose de faibles revenus et que les crédits d'impôts pour la garde d'enfant ne sont d'aucune utilité. Certaines crèches familiales favorisent les mamans travaillant à temps partiel en acceptant de garder leur enfant. D'une façon générale, la place en crèche n'est pas perdue lorsqu'on se retrouve au chômage.

Suivre son dossier de près

Si vous avez essuyé un refus, ne vous laissez surtout pas décourager. Certaines commissions privilégient les parents qui les appellent régulièrement pour savoir si des places vont se libérer. Il ne faut par contre pas tomber dans le harcèlement car dans ce cas votre attitude risque d'être totalement contre productive. Multipliez les dossiers auprès des crèches privées qui utilisent leur propres critères de sélection. N'hésitez pas à vous faire expliquer le mode de fonctionnement retenu pour pouvoir évaluer vos chances d'obtenir une place rapidement. Les crèches d'entreprise sont également une piste à explorer même si votre employeur ne propose pas de structure d'accueil directement. Celui-ci a la possibilité de retenir une place dans une structure d'enteprise disposant de places vacantes. Certaines villes sont plus dynamiques que d'autre, Lille par exemple arrive à satisfaire la moitié des demandes.

Une réforme souhaitable ?

Force est de constater que les critères d'attribution sont très variables en fonction des communes et des structures. Dans plus de 40 % des cas, ces critères ne sont pas formalisés de façon officielle, ce qui ne facilite pas les recours pour les parents souhaitant formuler une réclamation. L'attribution est généralement décidée par des commissions qui se réunissent 3 ou 4 fois par an, certaines communes vont plus loin en instaurant des commissions mensuelles. Le principe est souvent d'attribuer des points aux familles en fonction des critères retenus, les familles obtenant le plus de points se retrouvent en tête de liste.

Comme cela a souvent été réclamé par le passé, plus de transparence et des règles identiques pour tous constituerait sans nul doute une avancée. La multiplication des petites structures parentales et de nouveaux concepts innovants permettront sans doute de décongestionner en partie un secteur qui reste très tendu.

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